HAITI ET BEL AIR

Mai 2017

Haïti et Bel Air

La situation en Haïti demeure fragile. Selon une récente déclaration des Nations Unies, deux enfants de moins de 5 ans meurent chaque heure en Haïti à cause de la pénurie d’eau potable. 300,000 enfants en domesticité sont victimes de traite, de mauvais traitements et d’abus sexuels de la part des familles ayant pris en charge l’enfant, selon le Comité National contre la traite des personnes.

Au plan de l’emploi, une demande insistante d’ajustement du salaire minimum à 800 gourdes par jour demeure sans réponse.

Depuis le passage de l’ouragan Matthew, il y a 6 mois, les risques de famine sont persistants, spécialement dans la Grand’Anse, et sa population est contrainte à « manger des plantes toxiques », selon un article du Nouvelliste publié le 26 mars dernier.

Une dépêche de l’ONU, en date du 13 avril, nous apprend que la mission des Nations Unies pour l’appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH) remplacera dans 6 mois la MINUSTAH. Sans surprise, cette nouvelle a provoqué remous et mécontentement en Haïti et ailleurs. La MINUJUSTH aura comme mission d’améliorer le système judiciaire et former les juges des tribunaux… Mais ceci est une forme de contrôle international et de l’ONU pour surveiller ce pays considéré comme une zone difficile…

De surcroît, Haïti vit quotidiennement sous les menaces de déportation de milliers de migrants haïtiens en provenance des Etats Unis et du Canada. Et cela sans compter les nombreuses expulsions en cours des travailleurs haïtiens ou d’origine haïtienne par la République Dominicaine.

Dans ce contexte difficile, comment vit la petite communauté de l’école de Bel Air ? Grâce à l’aide précieuse de l’association Enfants Soleil, (Annie Colin et Gérard Renard) qui met à notre disposition Joseph Ostène, la vie s’organise et tend vers la normalité. Joseph s’occupe à la fois du ravitaillement de la cantine et des travaux d’entretien et d’amélioration du bâtiment. Les enfants peuvent ainsi recevoir régulièrement cinq repas par semaine depuis le début de l’année.

Par ailleurs, René a pu organiser, avec le concours de la Fondation Cadet, une consultation dentaire pour chaque enfant. Voici ce que nous dit la directrice de la Clinique en terme d’un rapide bilan global : « Nous avons rajouté deux journées de prévention pour les enfants de Bel Air. L’état de santé bucco-dentaire de ces enfants est déplorable, un nombre de caries très élevé par enfant. Certains manifestent des traumatismes psychologiques avancés. Il y a un enfant, en particulier, dont les dents n’apparaissent pas, mais, à la radiographie, elles sont présentes dans la mâchoire. Cet enfant nécessite un traitement orthodontique pour aller chercher les dents, autrement ce sera compliqué pour elle. Il appartient à ceux qui aident les Timoun Restaveks de trouver les moyens financier pour traiter le cas de cette enfant, car elle devra à tout prix porter un appareil. »

En conséquence, nous lançons dès maintenant un appel à tous nos généreux donateurs pour aider plus particulièrement cette enfant, et afin de nous donner les moyens de poursuivre notre action dans cette école de Bel Air.

Odile SOYEUX, Présidente

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